30 juin 2009 | Communiqués de presse
Pas moins de 1000 entrepreneurs et invités ont participé à la journée de la construction qui s'est tenue (aujourd'hui) vendredi 26 juin 2009 à Berne. Le président central de la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE), le conseiller national Werner Messmer, s'est déclaré en faveur de la voie menant au dialogue constructif et à la paix avec les partenaires sociaux. Pour sa part, le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger s'est prononcé pour la réduction des procédures dans les marchés publics et pour le relèvement de l'impôt sur les huiles minérales.
«Notre branche a besoin d'une convention collective de travail». C'est ce qu'a relevé le CN Werner Messmer, président central de la SSE, lors de la journée de la construction du 26 juin 2009 à Berne. «Nous avons besoin d'un fondement de règles que tout un chacun est appelé à respecter, qu'il soit membre ou non de notre association. Ce fondement a pour objectif que nos membres ne deviennent pas la victime de la lutte sur les prix sévissant dans notre branche». Afin qu'une telle CCT puisse être déclarée de force obligatoire, nous sommes tributaires des syndicats «dans lesquels au moins 50% de tous nos collaborateurs sont organisés, car à défaut de quoi, elle ne sera pas étendue».
Pour le président central de la SSE, la paix absolue du travail représente le pilier central du partenariat social. Cette paix a contribué pour une part décisive à notre bien-être actuel, au succès de notre industrie à l'exportation, à une reconnaissance mondiale de notre fiabilité et, partant, à une confiance considérable au sein de notre pays.
Werner Messmer a mis en garde les participants à la journée de la construction. Il ne faut pas qu'ils considèrent la crise comme étant surmontée; en effet, notre pays n'a pas encore atteint le creux de la vague. Nous allons encore au devant des mois les plus difficiles. Mais malgré tout, les programmes visant à soutenir la conjoncture sont aléatoires. La Suisse gagne un franc sur deux par le biais de ses exportations et sa part d'importations est très élevée. Ainsi, de tels investissements publics iraient pour une large part finir à l'étranger, si bien qu'il ne subsisterait que des dettes pour notre pays.»
Au vu de ces éléments, la SSE estime que de tels programmes ne s'avèrent pas très efficaces. Il faudrait bien davantage poursuivre la politique monétaire de la Banque nationale suisse (BNS) qui a fait d'ailleurs ses preuves jusqu'ici. Il est capital que notre économie puisse contracter des crédits bancaires à de bonnes conditions et que les dispositions fiscales soient améliorées, tout spécialement pour les PME. La SSE n'exige pas de programmes particuliers, mais revendique la constance: «la Confédération, les cantons et les communes sont appelés à opérer au cours des prochaines années le même volume d'investissements que durant les trois dernières années.»
Enfin, Werner Messmer a exigé en particulier des dirigeants économiques qu'ils réorientent leur philosophie: «il en va davantage que de la liberté individuelle, des intérêts personnels ou de son propre épanouissement». Avoir le sens des mesures est évidemment bien plus important. Les bénéfices réalisés constituent un élément décisif de survie, mais la démesure est un poison pour les structures sociales, elle favorise la perte de confiance en l'économie de même qu'en ses représentants.
En outre, Werner Messmer a lancé un appel aux dirigeants économiques pour qu'ils prennent conscience de cette responsabilité. Il a demandé aux politiques d'accorder la priorité au bien-être général avant leur désir de vouloir se profiler. Et de conclure que «nous avons besoin d'hommes et de femmes pour lesquels la société en tant que collectivité et la responsabilité sociale passent bien avant le prestige et l'épanouissement personnels ainsi que la pure optimisation des bénéfices.»
Le Conseiller fédéral Moritz Leuenberger a examiné dans son allocution «Optique des entrepreneurs et de la politique» les analogies entre la SSE et le Département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication (DETEC). Il a illustré les éléments entravant la réalisation de projets. Dans ce contexte, Moritz Leuenberger s'est déclaré en faveur d'une réduction des procédures dans les marchés publics. «En ce moment, nous élaborons un projet n'autorisant l'effet suspensif qu'à titre exceptionnel et n'admettant qu'une seule autorité de recours».
La principale difficulté pour réaliser d'importantes infrastructures réside dans la capacité de financement. C'est sur ce point qu'a insisté le Conseiller fédéral en relevant qu'en l'occurrence, seul l'Etat entre en ligne de compte en tant qu'investisseur et maître d'ouvrage. Car un entrepreneur privé ne prendrait jamais de tels risques. Il ne sera pas possible de rénover et d'aménager les infrastructures du trafic sans recettes supplémentaires, a-t-il tenu à souligner. «Dans quelques années, nous ne serons même plus en mesure de financer le volume croissant des travaux d'entretien sur nos routes avec les moyens dont nous disposons actuellement». Aussi est-il nécessaire de relever l'impôt sur les huiles minérales.
Puis, Moritz Leuenberger a abordé d'autres projets concernant la rénovation des bâtiments et a également mentionné la protection contre les dangers naturels. On pourrait croire que la Confédération est préoccupée et tourmentée par le doute en raison des nombreuses questions financières non résolues. Mais on se trompe, «car c'est précisément grâce au soutien apporté par les cantons, les associations d'intérêts, mais aussi par les entrepreneurs que des solutions ont toujours été trouvées».
C'est également dans le cadre de la journée de la construction qu'ont eu lieu les assemblées générales de la SSE et de la HG Commerciale. Le professeur Oswald Oelz, docteur en médecine, alpiniste, médecin d'expédition, spécialiste en médecine d'altitude, a en outre indiqué ce que les entrepreneurs peuvent retirer comme enseignement de la part des alpinistes.