10 mars 2009 | Communiqués de presse
Les chiffres d'affaires du secteur principal de la construction ont augmenté de 5,2% en 2008 par rapport à l'année précédente. C'est surtout le génie civil (+ 10,3 %) qui a contribué à cette hausse. Pour sa part, le bâtiment a stagné à un niveau élevé (+ 1,1 %). Les commandes n'ont pas bougé au 4e trimestre 2008 et les projets recensés pour les premiers mois de 2009 sont en recul. Cette évolution laisse prévoir un affaiblissement de la conjoncture dans la construction au 2e semestre. C'est ce qui ressort de l'enquête trimestrielle réalisée par la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) auprès de ses membres.
En 2008, les chiffres d'affaires nominaux se sont élevés à env. 17,9 mia. de francs (+ 5,2 %) dans le secteur principal de la construction. Rien que pour le 4e trimestre (-6,3%), ils ont totalisé quelque 4,7 mia. de francs, soit 6,1% de plus que durant la période correspondante de 2007. Le bâtiment a subi un léger recul (- 1,7 %), alors que le génie civil a affiché une augmentation de 14,9% durant le trimestre sous revue, attribuable surtout à de gros projets infrastructurels (ligne diamétrale de Zurich, lots NLFA au Ceneri, à Erstfeld et à Amsteg).
Dans le logement, la croissance a fléchi à 1,0 %. Le zénith semble donc bel et bien atteint, ce qui est confirmé par la diminution des commandes relevée au 4e trimestre 2008. Toutefois, la SSE ne table pas sur une baisse de l'activité. Le faible niveau des intérêts hypothécaires et l'évolution démographique toujours positive stimulent la demande de logements. Compte tenu de la crise financière, le marché immobilier devrait gagner en attrait faute d'alternatives sûres pour les investisseurs professionnels.
A l'échelon régional, les différences sont prononcées. Ainsi, le logement a vu ses affaires diminuer dans les cantons de Zurich (- 1,5 %), Vaud (- 8,4 %) et Lucerne (- 26,3 %), alors qu'un fort accroissement a été relevé dans ceux de St-Gall (+ 8,6 %), Grisons (+ 21,3 %) et Argovie (+ 48,2 %).
Le secteur industriel et artisanal a fait état d'une évolution dynamique pour toute l'année 2008 (+ 5,5 %). Mais l'augmentation est plus modeste par rapport à 2007 (+ 14,3 %). Les commandes ont reculé de 17,2% et les projets de 11,5% par rapport au trimestre comparable de l'année dernière, ce qui laisse prévoir une sensible contraction des affaires. Pour l'heure, on ignore dans quelle mesure cette baisse affectera l'activité de toute la branche. Le secteur industriel et artisanal ne représente que 15% du chiffre d'affaires global du gros œuvre. Cette évolution coïncide du reste avec les expériences faites par le passé: ce secteur réagit avant tout au cycle d'investissements des entreprises et est particulièrement sensible aux baisses de l'économie réelle. C'est surtout dans les agglomérations de Zurich, Bâle et Genève qu'il faut s'attendre à un net ralentissement des affaires.
Durant la période sous revue, le nombre de travailleurs à temps complet a augmenté pour avoisiner 78'700 personnes, ce qui représente une hausse de 2,8% par rapport au trimestre correspondant de 2007. Cette évolution positive est également due à la progression de 3,4% des collaborateurs sur les chantiers à env. 62'000 personnes. Il est difficile de faire des pronostics à court terme étant donné les perspectives incertaines, ce qui est renforcé par l'hiver tenace. Mais une chose est sûre: les entreprises seront toujours à la recherche de personnel qualifié sur les chantiers. Par le passé, elles remédiaient à la pénurie de main-d'œuvre en recrutant des collaborateurs étrangers. La poursuite de la libre circulation des personnes ayant été approuvée par le souverain, elles ont la garantie qu'elles pourront continuer à recourir à cette méthode.
A relever à l'instar du trimestre précédent, le nombre élevé d'apprentis dans le secteur principal de la construction qui avoisinent 5200 personnes.
Si l'on en croit les projets et les commandes relevés pour janvier - mars 2009, la conjoncture ne s'assombrira pas encore sensiblement au cours de ce trimestre et du prochain. Les perspectives de croissance positives pour les ouvrages infrastructurels (cf. programmes d'impulsion et projets dans le cadre du fonds d'infrastructure) ne devraient pas avoir pour conséquence une nette baisse du chiffre d'affaires. En principe, il s'avère approprié de soutenir la conjoncture par des programmes d'investissements, mais il faut avoir le coup d'œil juste. L'expérience a mis en évidence que les effets des mesures modelées sur la demande sont limités en Suisse, vu que notre pays est fortement tributaire des exportations. En revanche, il est impératif pour la construction également de pouvoir s'appuyer sur des finances fédérales saines à l'avenir.
Le secteur principal de la construction a entamé l'année 2009 avec confiance, mais il s'avère difficile de faire des prévisions pour 2010. On ignore pour l'heure si l'économie suisse se redressera déjà à ce moment-là ou si elle se trouvera toujours en phase récessive. En fin de compte, une bonne position de l'industrie à l'exportation est une condition incontournable pour garantir la prospérité de la construction à long terme.
Alfonso Tedeschi, tél. 044 258 82 62
Veuillez vous adresser aux secrétariats des sections de la SSE pour des compléments d'information concernant les régions.
Tous les communiqués de presse de la SSE...