05 décembre 2008 | Communiqués de presse
Les retombées de la crise financière mondiale n'étaient pas encore perceptibles dans le secteur principal de la construction au 3e trimestre 2008. C'est ce que relève la SSE dans son enquête trimestrielle sur la conjoncture. Du fait que l'utilisation des capacités de production est demeurée élevée, les chiffres d'affaires nominaux ont progressé à 5,1 mia. de fr. Par rapport au trimestre comparable de 2007, ils se sont accrus de 8,2%. Cette évolution est due non pas au secteur du bâtiment (+ 1,9%), mais au chiffre d'affaires dans le génie civil. Son chiffre d'affaires a augmenté de 15,6% par rapport à juillet - septembre 2007, ce qui constitue la surprise. Cette bonne évolution procède surtout de quelques grands projets infrastructurels (lots NLFA au Ceneri et contournement de l'A9 à Viège). Dans l'ensemble, on peut tabler sur un bon millésime 2008 en termes de chiffres d'affaires.
Observée au cours des dernières années, la tendance à la hausse s'est ralentie dans le logement (+0,5%). Par conséquent, le zénith semble être atteint dans ce secteur. La diminution des réserves de travail (- 6,7%) confirme du reste cette évolution. Mais il y a de fortes différences à l'échelon régional. Ainsi, l'activité a reculé dans les cantons du Tessin (-2,1%), Lucerne (-36,0%) et Zurich (-8,1%), alors qu'elle a continué à prospérer dans ceux d'Argovie (+47,1%), Berne (+34,6%) et Genève (11,5%).
Le secteur industriel et artisanal est demeuré dynamique (+8,8%). Le taux favorable des capacités de production devrait se maintenir en 2008 en raison de l'augmentation des commandes et des réserves de travail. L'activité est supérieure à la moyenne surtout dans les agglomérations (de Zurich, Bâle et Genève).
Toutefois, il faut s'attendre à un tassement l'année prochaine, car la crise financière se reflète déjà dans l'économie réelle, ce qui entraînera un recul de la demande. Cette tendance est du reste confirmée par l'Immo-Monitoring de Wüest & Partner.
Durant la période sous revue, le nombre des travailleurs à temps complet a augmenté pour avoisiner 83'500 personnes, ce qui correspond à une hausse de 1,5% par rapport au trimestre précédent. Cette évolution positive s'explique aussi par l'accroissement du personnel de chantier à env. 66'800 travailleurs (+1,2%). Le secteur principal de la construction annonce 2'000 collaborateurs de plus par rapport au niveau plancher de 2006. Le recul observé depuis plusieurs années s'est donc interrompu.
Le besoin croissant en personnel de chantier s'est traduit entre autres par une pénurie de main-d'œuvre qualifiée. Les entreprises ont pu y remédier en partie en embauchant du personnel des pays voisins (principalement d'Allemagne).
Autre nouvelle particulièrement réjouissante: l'évolution du nombre des apprentis dans le secteur principal de la construction qui s'est accru de 3,8% à plus de 5'250 personnes par rapport au trimestre comparable de 2007.
Un coup d'œil sur les projets (+2,5%) annoncés pour le dernier trimestre 2008 dans le secteur principal de la construction de même que sur les réserves de travail (+1.3%) laisse présager que l'horizon conjoncturel ne s'assombrira pas à la fin de l'année. Il faut éventuellement s'attendre à un tassement en 2009, susceptible d'être déclenché par le dynamisme moins prononcé dans le logement ainsi que dans le secteur industriel et artisanal. Les perspectives de croissance en général positives dans la construction d'infrastructures devraient contribuer à ce que le chiffre d'affaires global du secteur principal de la construction ne se contracte pas sensiblement. L'activité vive dans le génie civil ne saurait être assimilée à une situation prospère dans l'ensemble de la branche des ouvrages infrastructurels, car cette évolution dynamique est stimulée avant tout par de gros projets.
En règle générale, la branche de la construction réagit avec un certain décalage aux évolutions de l'économie réelle. C'est ce qui explique pourquoi elle perçoit encore faiblement la crise financière. Mais en contrepartie, la reprise se fera attendre un peu plus longtemps que dans les autres branches.
Les prix volatils de l'acier, des matériaux et de l'énergie, en ce moment orientés à la baisse, entraînent une détente bienvenue des coûts de production de construction après la hausse des prix des matières premières. Car le marché de la construction suisse est toujours confronté à une vive concurrence, ce qui exerce une sensible pression sur les marges. Les carnets de commandes momentanément bien étoffés et la bonne utilisation des capacités de production ne garantissent cependant toujours pas de revenu suffisant pour de nombreuses entreprises de construction.
Plus d'informations:
Alfonso Tedeschi, tél. 044 258 82 62
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