08 septembre 2010 | Communiqués de presse
Initiative de l'ATE "Initiative pour les transports publics"
Par une initiative populaire la Confédération et les cantons devraient être obligés d'encourager les transports publics dans toutes les régions du pays et de faire avancer le transfert du transport de marchandises de la route au rail. La Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) s'oppose catégoriquement au postulat de l’ATE. Les temps d’une politique des transports unidimensionnelle sont définitivement passés. De plus, l’initiative prévoit le financement supplémentaire exclusivement à charge de l'usager de la route qui, une fois de plus en effet, servirait de vache à lait en faveur du transport public.
Selon l'actuelle Constitution fédérale (Cst) à l’art. 83, la Confédération est chargée et compétente pour construire et entretenir le réseau des routes nationales. De nombreuses bases constitutionnelles sont disponibles pour encourager les transports publics avec ses infrastructures et ses moyens d'exploitation. C'est ce qu'atteste d'ailleurs l'évolution des dernières années et décennies. Ainsi pour la SSE une nouvelle base constitutionnelle est superflue, surtout sous une forme aussi unilatérale. De plus, elle fournirait des stimulants erronés. Ce système ne ferait qu'accentuer la concurrence entre les modes de transports et engagerait inutilement des forces dans la lutte en vue d’obtenir les moyens financiers déjà limités et de faire prévaloir certains projets.
Selon la SSE, les calculs relatifs aux moyens de transport montrent, on ne peut plus clairement, que l'usager de la route couvre les frais des infrastructures routières. Le bilan serait encore plus positif, si l’on considère la part importante des impôts prélevée depuis longtemps pour les transports publics et les comptes généraux de la Confédération. Pour ce qui est des transports publics (TP), les résultats ne sont pas du tout comparables, puisque les lourds déficits sont notoires et en constante augmentation. Aux yeux de la SSE, les représentants des TP se battent en faveur du principe selon lequel ces derniers sont appropriés quels que soient leurs coûts. En parallèle, on laisse les usagers des chemins de fers dans l'incertitude quant aux coûts qu’ils occasionnent que ce soit pour les trajets de jour ou de nuit.
Toute politique des transports unidimensionnelle s'avère tôt ou tard erronée. Les besoins en mobilité sont variés et vont en croissant. Tous les moyens de transport sont nécessaires avec leurs avantages spécifiques afin de répondre aux besoins des usagers. Il faut non seulement prendre en considération les nouvelles constructions, mais veiller à l'entretien des infrastructures. Il faut agir, mais dans son ensemble, le financement est tout autre que garanti. La politique est appelée à fixer des priorités et à affecter les moyens limités disponibles de manière à ce que leur utilité s'avère optimale. La redistribution des moyens tels que proposée par l'initiative de l'ATE ne résout pas le problème, au contraire elle ne fait que l'accentuer en portant atteinte au niveau qualitativement élevé de l'infrastructure routière.