14 janvier 2009 | Communiqués de presse

Libre circulation des personnes: d'une importance vitale

Le 8 février 2009, le peuple suisse sera appelé à se prononcer sur la poursuite et l'extension de la libre circulation des personnes. La Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) milite clairement en faveur de son acceptation car le secteur principal de la construction fait partie des grands gagnants. Les craintes quant aux retombées négatives d'une immigration accrue ne se sont pas confirmées.

Suite à l'entrée en vigueur de l'accord sur la libre circulation, c'est surtout la main-d'Å“uvre allemande qui a trouvé de manière accrue du travail dans le secteur principal de la construction au cours des dernières années. Ainsi, sa part a augmenté depuis 2005 sur tous les chantiers suisses, passant de 2,1 à 3,9 %. La plupart des Allemands sont employés en Suisse alémanique. Ainsi, dans le canton de Zurich, ils représentent 6 % et 9% dans celui d'Argovie. En Suisse romande et au Tessin, la main-d'Å“uvre française resp. italienne représente le gros des travailleurs étrangers. Au Tessin, env. 90% des personnes travaillant dans le secteur principal de la construction ont un passeport étranger.  

Malgré la libre circulation, la part des Suisses au personnel de chantier s'est accrue. Selon les enquêtes salariales de la SSE, leur part a passé de  34 % en 2005 à 38 % en 2008. Ainsi, les craintes quant à une immigration en masse des pays non limitrophes ne se sont pas confirmées du tout. Cette indication est intéressante principalement par le fait qu'un tiers des étrangers travaillant dans le secteur principal de la construction est originaire du Portugal. Une immigration supplémentaire des ressortissants de ce pays serait une conséquence logique, mais cela n'a pour ainsi dire pas été le cas.  

Détenteurs d'une autorisation de séjour de courte durée: nombre élevé d'annonces - faible volume de travail

Compte tenu de la libéralisation de la circulation des personnes, la construction suisse a pu recruter plus facilement que par le passé du personnel également pour des séjours de courte durée. A défaut, le potentiel de croissance n'aurait pu être épuisé au cours des trois dernières années. Le volume de travail fourni par les détenteurs d'une autorisation de séjour de courte durée est demeuré modeste malgré les 8000 annonces recensées. Selon les estimations de la SSE, ils ont représenté une part de travail de 2% seulement (déterminée sous forme de parts aux jours de travail effectués en moyenne) dans le secteur principal de la construction.  

De plus, les entreprises suisses du gros Å“uvre ont recruté en 2007 une part élevée de titulaires d'une autorisation de séjour de courte durée (28 %). La part de la main-d'Å“uvre détachée et des travailleurs indépendants se monte à 62 %. 58% du total des travailleurs détachés venaient d'Allemagne, les collaborateurs résiduels étaient des ressortissants italiens, autrichiens et français. En outre, les travailleurs détachés occupent plutôt un poste pour peu de temps alors que les titulaires d'une autorisation de séjour de courte durée épuisent fréquemment le maximum de 90 jours qui leur est octroyé.   

Ceci amène la SSE à faire les conclusions suivantes:

  • les travaux à forte valeur ajoutée du secteur principal de la construction continueront à être effectués par des entreprises suisses, alors que ceux de petit volume le seront également par des entreprises étrangères,
  • les titulaires d'une autorisation de séjour de courte durée constituent désormais une main-d'Å“uvre de réserve pour le secteur principal de la construction, c'est ce qui permet donc de remédier aux pénuries de travailleurs à court terme.  

Main-d'œuvre bien qualifiée de l'étranger

La structure de qualification s'est fortement modifiée dans le secteur principal de la construction au cours des dernières années; on remarque clairement la tendance à une hausse des travailleurs bien qualifiés. Cette tendance et l'utilisation poussée de capital (principalement de machines et d'engins) ont contribué de manière décisive à augmenter la productivité dans notre branche, dont le niveau est élevé en comparaison internationale. Notre pays n'a pas suffisamment de cadres et de collaborateurs qualifiés tels que grutiers.  

Nos entreprises ont pu remédier en partie à ce manque de main-d'Å“uvre en recrutant du personnel qualifié de l'UE. Les données publiées par la SSE confirment que les travailleurs venant d'immigrer dans notre pays sont au bénéfice de qualifications supérieures à la moyenne. Ainsi, la plupart  des immigrants ne sont pas des travailleurs auxiliaires, mais surtout des collaborateurs bien qualifiés.  

Salaires en hausse malgré la libre circulation

Toute incidence négative sur le niveau des salaires générée par une immigration accrue est exclue selon  l'enquête  sur les salaires de la SSE. Il n'y a pas de relation négative entre immigration et évolution des salaires. Ceci s'explique par la part extrêmement élevée de main-d'Å“uvre étrangère en comparaison avec les autres branches et, parfois, par le haut niveau de qualification des immigrés. Statistiquement parlant, il n'y a pas d'écarts importants de salaire entre les étrangers et les Suisses, c.-à-d. qu'ils sont identiques pour les mêmes niveaux de qualification. Les étrangers touchaient des salaires légèrement plus élevés dans certaines classes. Depuis 2001, les salaires nominaux ont augmenté de 8,7% en moyenne des classes de la CN (Convention nationale). Corrigée de l'inflation, la hausse réelle a été de 2%.  

Avant l'entrée en vigueur de la libre circulation, maints craignaient que cette dernière ne débouche sur un dumping salarial ou sur une détérioration des conditions de travail. Or, cela n'a pas du tout été le cas.  

Conclusion de la SSE

Jusqu'à présent, les mesures d'accompagnement se sont avérées être un instrument approprié pour une libéralisation progressive. Aussi la SSE approuve-t-elle le maintien de ce paquet de mesures. Car la poursuite des accords bilatéraux est essentielle même  dans la phase de recul conjoncturel que nous traversons actuellement. Un non à la votation du 8 février 2009 signifierait que le secteur principal de la construction serait privé d'une bonne part de son succès réalisé au cours des dernières années.