20 septembre 2011 | Communiqués de presse, CN

Reproches hypocrites des syndicats à l’encontre des entrepreneurs

Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce mardi, les syndicats ont reproché aux entrepreneurs de démanteler la Convention nationale (CN). En réalité, ce sont les syndicats eux-mêmes qui ont rejeté la prolongation de la CN la semaine dernière Cette CCT expirera à fin 2011. C’est pourquoi la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) avait proposé de la prolonger d’une demi-année. Les syndicats ayant rejeté cette offre, il y a un risque de vide conventionnel dans le secteur principal de la construction à partir de 2012.

En lieu et place d’approuver la prolongation proposée de la CN en vigueur, les représentants des syndicats Unia et Syna ont posé leurs conditions lors de la dernière ronde de négociations de la semaine dernière: ils veulent la fixation d’éléments-clés obligatoires de la nouvelle Convention conformément à leurs attentes. De plus, ils exigent des entrepreneurs la garantie d’une augmentation générale des salaires en termes réels de 1,9% au 1er janvier 2012. Ils ont présenté cette revendication avant même que ne débutent les négociations salariales proprement dites, à mener chaque année début octobre selon la Convention nationale, mais séparément de celles sur la CN.

La SSE a toujours été disposée à négocier sur les points en suspens dans la CN. Vu qu’aucun accord ne semblait se dessiner jusqu’ici dans le cadre des négociations pendant le délai résiduel, elle a proposé aux syndicats de prolonger de six mois la Convention nationale en vigueur en vue de maintenir le partenariat social. Ainsi, cela devait permettre aux parties contractantes d’avoir suffisamment de temps à disposition en vue d’aboutir à un résultat des négociations qui soit acceptable tant pour les travailleurs que pour les employeurs.

«Vu que les syndicats ne sont pas prêts à faire des compromis et en particulier compte tenu de leur volonté d’intégrer la question des salaires dans les négociations sur la CN, pratique n’ayant aucun rapport avec le système en vigueur, ils provoquent un vide conventionnel dans le secteur principal de la construction». C’est ce qu’a déclaré Werner Messmer, président central de la SSE. Et de préciser: «Rien que le fait de prendre déjà le risque d’un vide conventionnel témoigne de la mentalité et d’une attitude face au partenariat social qu’il faut condamner très durement.»

La Convention nationale est l’une des CCT socialement les plus avancées de Suisse. Elle fixe des salaires minimaux, de loin supérieurs à ceux de la plupart des autres professions artisanales. En effet, les salaires effectifs du secteur principal de la construction dépassent même de 8% le salaire minimal. La durée moyenne de travail par semaine est de 40.5 h dans cette branche, soit une heure de moins que la moyenne nationale. De plus, le secteur principal de la construction donne la possibilité aux travailleurs de prendre leur retraite anticipée dès 60 ans, ce qui représente une réglementation en leur faveur et fait figure d’exemple à l’échelle nationale. Il est évident que les syndicats tentent de faire bénéficier le maximum de collaborateurs de ces avantages. Mais cela est en contradiction avec l’esprit de la CN qui est tenue de garantir la protection des professionnels dans le secteur principal de la construction.