23 mai 2007 | Communiqués de presse, CN

Les entrepreneurs résilient la convention collective de travail

Réunis ce jour en assemblée à Delémont, les délégués de la Société Suisse des Entrepreneurs (SSE) ont décidé à une large majorité de résilier la Convention nationale (CN 06) au 30 septembre 2007. Par cet acte, ils mettent un point final aux négociations des derniers mois avec les syndicats qui n'ont débouché sur aucun résultat. De même, les délégués ont décidé que les conditions de travail selon la CN 06 demeureront en vigueur pour les membres de la SSE malgré le vide conventionnel. Ainsi, cette dernière montre de manière claire et nette qu'elle veut non pas de démantèlement social, mais des conditions de travail réglementées dans le secteur principal de la construction.

Lors des dernières négociations, les syndicats ont rejeté de manière conséquente d'octroyer la flexibilité requise de toute urgence pour la branche en vue de constituer et réduire des heures en moins en complément aux heures en plus déjà convenues. Ce faisant, ils ne permettent pas aux entreprises de rattraper, avec leurs collaborateurs, les heures de travail perdues sans leur faute. Par cette attitude incompréhensible, les syndicats renforcent la tendance à engager encore davantage de main-d'œuvre temporaire: ce faisant, ils mettent en péril les postes à l'année du personnel fixe.

Déjà lors des négociations salariales de l'automne 2006, les syndicats n'avaient pas fait preuve de bonne volonté en vue d'engager des réformes. Les parties en présence s'étaient pratiquement mises d'accord sur le montant de l'adaptation en francs. Mais les négociations ont échoué car les syndicats se refusaient à reconnaître une part de salaire individuelle, liée aux prestations fournies. Sur ce, la SSE avaient émis une recommandation de salaire unilatérale à l'attention de ses membres.

Les syndicats font de l'obstruction à une convention moderne

En Suisse, le secteur principal de la construction est confronté à une concurrence impitoyable. Avec leur politique défensive de conservation et leur obstructionnisme, les syndicats ne font preuve d'aucune compréhension face aux besoins de la branche. Ils ne sont pas disposés à accorder également au secteur principal de la construction ce qu'ils ont déjà signé dans l'industrie des machines et des plâtriers-peintres. Ils avaient dans ces secteurs donné leur aval à 100 heures en plus à 100 heures en moins ainsi qu'à une hausse générale de salaire de fr. 60.- et à une adaptation individuelle de fr. 20.-. Il est totalement incompréhensible aux yeux de la SSE pourquoi les syndicats refusent d'octroyer ces marges de manœuvre au secteur principal de la construction, alors qu'elles sont largement répandues actuellement dans l'économie.

Les syndicats, adversaires du secteur principal de la construction

L'entêtement avec lequel les syndicats se sont opposés à tous les efforts en vue d'une flexibilité accrue ne surprend plus la SSE. Car au cours des dernières années, cette dernière avait fait les mêmes expériences avec les syndicats; de par leur position, ils ont pénalisé les réformes et l'économie dans les dossiers poussières fines/filtres à particules, travail par grandes chaleurs, formation des grutiers. Les syn-dicats avancent de plus en plus des arguments sans rapport avec les faits et contre-carrent les intérêts de la branche.

La résiliation de la CN en tant que conséquence logique

C'est avec regret que la SSE prend acte de cette évolution. Ainsi, l'assemblée des délégués n'avait d'autre choix que de se prononcer sur la résiliation pour la prochaine date possible.

Quo vadis?

La SSE est en tout temps ouverte au dialogue. Mais elle annulera sa résiliation uniquement lorsque les syndicats entreront en matière sur ses revendications.